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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 06:10

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Ce matin ,dès l'aube, à l'heure où blanchit , rougit la campagne ,  je me suis disputée avec une araignée: elle avait enveloppé mon avocatier d'une belle toile  qui l'empêchait de respirer.
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J'ai défait un bout de la toile; elle n'était pas contente du tout ! Elle est sortie de son trou, très en colère , en se demandant qui avait osé la réveiller aux aurores pour lui chercher des noises!
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Mais oui, c'est un avocatier  : dans quelques années ,il fera des avocats en miniature, comme le reste de mes légumes .
Je suis une spécialiste des légumes en  miniature .
C'est un don, comme un autre ! Je vais me spécialiser dans ce créneau .
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Ne vous fiez pas à l'image: elles sont toutes petites, mes tomates .
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Mon petit melon  , solitaire  ne se décide pas à mûrir.

Je vais vendre tout cela aux gens qui font des régimes minceur . Impossible de grossir avec mes  fruits et légumes  !
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Mes petites  pommes ne sont-elles pas mignonnes avant d'être mangées par les geais ?

Il n'y a que l'araignée qui n'est pas en miniature .
Elle est aussi grande qu'un grain de raisin normal (Pas les miens, ils sont aussi en miniature ).
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Ayant bien arrosé tout cela ,(pas l'araignée tout de même, ni moi ), je  vais prendre un petit déjeuner bien mérité  !
Bonne journée à tous

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commentaires

Quichottine 07/08/2012 16:09


C'est à cause de notre temps... tu sais, plus de saison, donc plus de légumes normaux.


... enfin, je ne sais pas, mais j'aime bien l'idée de tes légumes vendus pour patients en mal de produits de régime.

mansfield 05/08/2012 09:25


Hugo et toi êtes des jardiniers en herbe, ou toi pensant à HHugo, ou toi moquant ton jardin, moquant? Enfin c'est superbe! Bonne journée à toi.

el lobo 04/08/2012 20:13


passe un bon we ... enfin il est deja presque a moitié fini .... ici toujours pas de tomates rouges ....


on va faire un concours de potager cette année .... le pire ....


tu as du soleil en ce moment?


bisous et prends soin de toi! a bientôt



bonne soirée à tous...bisous.






 

Marité 04/08/2012 17:51


Ah mais, on ne peux cultiver son jardin et sa voix !!!


Bisous et bon week-end Fanfan.

Ramu 04/08/2012 17:08


Bon à savoir je viendrai chez toi pour consommer tes légumes minceur!Buon fine settimana!Basgi.

margareth 04/08/2012 08:47


Ton jardin est dans le vent ! Les mini fruits et légumes sont à la mode. Depuis peu le maraîcher où je me fournis en propose... à prix d'or !

Oxygène 03/08/2012 23:42


Coucou Fanfan je suis ravie de voir que j'ai quelques points communs avec toi en ce qui concerne le jardin. Mes courgettes sont ridiculement petites et mes tomates cerises itou. Une exception
peut-être pour mes salades   ... dont je parlerai demain... 


Ce que nous n'avons pas du tout en commun c'est l'arrosage... Ici pas besoin de forcer, le ciel se charge de tout. Aujourd'hui il a même fait très fort d'ailleurs... 


J'espère que tu n'auras plus besoin de te bagarrer avec ton araignée.


Bisous

cerise 03/08/2012 16:26


du vent , du vent !!!!!





bonne journée


bisousssssssssssss

Nettoue 03/08/2012 14:46


Tu achétes des semences chez un lilliputien ? Excuses-moi, mais je ris, tu as un don Fanfan vraiment !


Gros bnisous mon amie

el lobo 03/08/2012 08:30


mes tomates toujours pas une seule rouge!!


et les haricots j'en ai eu 5 ! aussi un potager régime cette année ....


passe une douce journée ...


 porte toi bien, merci de ta fidélité ....comme je ne vais nulle part , je voyage avec mon ordi .....





Le Voyage
Extrait Des Fleurs Du Mal.

Par Charles Baudelaire



Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,
L'univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d'une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

Pour n'être pas changés en bêtes, ils s'enivrent
D'espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom

II

Nous imitons, horreur ! la toupie et la boule
Dans leur valse et leurs bonds ; même dans nos sommeils
La Curiosité nous tourmente et nous roule,
Comme un Ange cruel qui fouette des soleils.

Singulière fortune où le but se déplace,
Et, n'étant nulle part, peut être n'importe où !
Où l'homme, dont jamais l'espérance n'est lasse,
Pour trouver le repos court toujours comme un fou !

Notre âme est un trois-mâts cherchant son Icarie ;
Une voix retentit sur le pont : "Ouvre l'oeil !"
Une voix de la hune, ardente et folle, crie .
"Amour... gloire... bonheur !" Enfer ! c'est un écueil !

Chaque îlot signalé par l'homme de vigie
Est un Eldorado promis par le Destin ;
L'Imagination qui dresse son orgie
Ne trouve qu'un récif aux clartés du matin.

Ô le Pauvre amoureux des pays chimériques !
Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer,
Ce matelot ivrogne, inventeur d'Amériques
Dont le mirage rend le gouffre plus amer ?

Tel le vieux vagabond, piétinant dans la boue,
Rêve, le nez en l'air, de brillants paradis ;
Son oeil ensorcelé découvre une Capoue
Partout où la chandelle illumine un taudis.

III

Etonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !
Faites, pour égayer l'ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d'horizons.

Dites, qu'avez-vous vu ?

IV

"Nous avons vu des astres
Et des flots ; nous avons vu des sables aussi ;
Et, malgré bien des chocs et d'imprévus désastres,
Nous nous sommes souvent ennuyés, comme ici.

"La gloire du soleil sur la mer violette,
La gloire des cités dans le soleil couchant,
Allumaient dans nos coeurs une ardeur inquiète
De plonger dans un ciel au reflet alléchant.

"Les plus riches cités, les plus grands paysages,
Jamais ne contenaient l'attrait mystérieux
De ceux que le hasard fait avec les nuages.
Et toujours le désir nous rendait soucieux !

"- La jouissance ajoute au désir de la force.
Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d'engrais,
Cependant que grossit et durcit ton écorce,
Tes branches veulent voir le soleil de plus près !

"Grandiras-tu toujours, grand arbre plus vivace
Que le cyprès ? - Pourtant nous avons, avec soin,
Cueilli quelques croquis pour votre album vorace,
Frères qui trouvez beau tout ce qui vient de loin !

"Nous avons salué des idoles à trompe ;
Des trônes constellés de joyaux lumineux ;
Des palais ouvragés dont la féerique pompe
Serait pour vos banquiers un rêve ruineux ;

"Des costumes qui sont pour les yeux une ivresse ;
Des femmes dont les dents et les ongles sont teints,
Et des jongleurs savants que le serpent caresse."

V

Et puis, et puis encore ?

VI

"Ô cerveaux enfantins !
"Pour ne pas oublier la chose capitale,
Nous avons vu partout, et sans l'avoir cherché,
Du haut jusques en bas de l'échelle fatale,
Le spectacle ennuyeux de l'immortel péché

"La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide,
Sans rire s'adorant et s'aimant sans dégoût ;
L'homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide,
Esclave de l'esclave et ruisseau dans l'égout ;

"Le bourreau qui jouit, le martyr qui sanglote ;
La fête qu'assaisonne et parfume le sang ;
Le poison du pouvoir énervant le despote,
Et le peuple amoureux du fouet abrutissant ;

"Plusieurs religions semblables à la nôtre,
Toutes escaladant le ciel ; la Sainteté,
Comme en un lit de plume un délicat se vautre,
Dans les clous et le crin cherchant la volupté ;

"L'Humanité bavarde, ivre de son génie,
Et, folle maintenant comme elle était jadis,
Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie :
Ô mon semblable, ô mon maître, je te maudis !"

"Et les moins sots, hardis amants de la Démence,
Fuyant le grand troupeau parqué par le Destin,
Et se réfugiant dans l'opium immense !
- Tel est du globe entier l'éternel bulletin."

VII

Amer savoir, celui qu'on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd'hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image
Une oasis d'horreur dans un désert d'ennui !

Faut-il partir ? rester ? Si tu peux rester, reste ;
Pars, s'il le fàut. L'un court, et l'autre se tapit
Pour tromper l'ennemi vigilant et funeste,
Le Temps ! Il est, hélas ! des coureurs sans répit,

Comme le Juif errant et comme les apôtres,
A qui rien ne suffit, ni wagon ni vaisseau,
Pour fuir ce rétiaire infâme : il en est d'autres
Qui savent le tuer sans quitter leur berceau.

Lorsque enfin il mettra le pied sur notre échine,
Nous pourrons espérer et crier : En avant !
De même qu'autrefois nous partions pour la Chine,
Les yeux fixés au large et les cheveux au vent,

Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres
Avec le coeur joyeux d'un jeune passager.
Entendez-vous ces voix, charmantes et funèbres,
Qui chantent : "Par ici ! vous qui voulez manger

"Le Lotus parfumé ! c'est ici qu'on vendange
Les fruits miraculeux dont votre coeur a faim ;
Venez vous enivrer de la douceur étrange
De cette après-midi qui n'a jamais de fin ?"

A l'accent familier nous devinons le spectre ;
Nos Pylades là-bas tendent leurs bras vers nous.
"Pour rafraîchir ton coeur nage vers ton Électre ! "
Dit celle dont jadis nous baisions les genoux.

VIII

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,
Nos coeurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !